
Un problème de perception...

Lorsque votre corps se trouve sur un point haut, sur une corde tendu, un
piton rocheux, ou avant un saut à l'élastique, on éprouve facilement sensation rotatoire désagréable
parfois accompagnée d'autres signes (nausées, tachycardie, sueur
froides...). C'est le vertige vrai a ne pas confondre avec l'évanouissement.
Il est liée a une contradictions entre les informations en provenance des yeux et les récepteurs vestibulaires (macules et canaux semi-circulaires) qui informent de la position de la tête ainsi que de ses déplacements (accélération linéaire et gyroscopique). En effet si vous regardez en bas, vos yeux vous informent que le vide vous entoure, et donc que la sensation de chute est une conséquence attendue de cette situation. Mais votre oreille interne elle, vous informe que la position de votre tête est stable, et non soumise à une quelconque accélération liée à l'absence de support.
Gérer la contradiction...

On notera que la sensation de vertige disparait dès lors que les informations sont à nouveau concordante par exemple dès que le sauteur à l'élastique a sauté le vertige disparait, même principe pour les parachutistes.
Ces sensations de vertiges sont donc partagées par tous, mais peuvent être domptées car le cerveau est plastique (cela signifie que le fonctionnement du cerveau peut-être modifié durablement facilement). Ainsi les alpinistes, les funambules et autres acrobates ne sont pas soumis au vertige car leur cerveau est habitué a cette contradiction qui existe entre les signaux.
D'autres cas de contradictions entre récepteurs de la proprioception sont bien connus: le mal des transports, ou encore le tournis après un passage sur le tourniquet...
L'acrophobie ce n'est pas pour les acrobates !
Du grec ancien ἄκρος, acros , « élevé, extrême » et φόβος phóbos « effroi, peur », l'acrophobie est un trouble psychologique désignant la peur d'une situation au cours de laquelle la personne devrait, ou se tenir près du vide ou en hauteur. Comme toutes les phobies elle est liée à l'expérience de individu et s'acquiert, tandis que le vertige est inné. Ainsi si Scottie a peur du vide c'est par qu'il a vu son collègue policier tomber dans le vide alors que ce dernier tentait de le sauver (voir la vidéo ci-dessous), il redoute donc ce type de situation du fait de son sentiment de culpabilité, mais il ne s'agit pas ici du vertige au sens physiologique du terme, puisque l'individu angoisse à l'idée de se retrouver dans cette situation et a peur avant même d'être en position élevée (Scottie ne peut pas monter pour aider "madeleine"...).
Tout comme la plupart des troubles psychologiques on peut "guérir" de ce type de problème, ainsi a la fin du film Scottie, se tient à un pas du vide, les cheveux au vent, et reste immobile.
La scène d'ouverture du film Vertigo -
Alfred Hitchcock - 1958.
[Noter l'utilisation du travelling
compensé lorsque Scottie regarde dans le vide, donnant l'impression que
l'image s'allonge, et illustrant la sensation de vertige. Il s'agit en fait d'un déplacement de caméra vers le bas, exactement compensé par un zoom arrière]

Bien joué Mr Hitchcock, maître du suspens, et de psycho/physiologie ??
à voir: Vertigo (fiche IMDB)
1 comments:
Exellent !
Je viens de trouver votre blog suite à une recherche sur les mandarins...
Vous expliquez à merveille les mystères de la science !
Enregistrer un commentaire