Un peu comme le terme
« écologie » qui de la science glisse vers la politique (cf un précédent article), il est des
glissements sémantiques et néologismes qui en disent long sur notre
société : « Manger bio », voilà une expression qui, il y a 20
ans encore, signifiait pour la plupart des français manger un yaourt nature
(celui qui enlève le stress des exams vous savez !). Aujourd’hui le sens
est tout autre puisqu’il s’agit de manger des produits issus de l’agriculture biologique (je cherche toujours une agriculture « non biologique »,
de même qu’une médecine « dure »). Le terme « bio » va même
plus loin que cela, il s’apparente presque à un mode de vie puisque l’on peut
s’habiller bio, se maquiller bio, jouer bio, bref consommer bio. Hé oui, car ce que l’on
étiquette « bio » ce sont des produits bel et bien fabriqués et
toujours vendus par l’Homme, pas par la nature ! Mais alors consommer
« bio » qu’est-ce que c’est ?
Avant de démarrer et pour
prévenir à l’avance certains commentaires déplaisants, je précise qu’il s’agit
d’un « billet » exprimant une opinion personnelle, que je ne souhaite
juger personne ici, mais juste apporter une réflexion subjective, et non une
vérité incontestable.
Les motivations des bio-vores
Nous avons tous autour de nous
des personnes qui ne jurent que par le bio, et je leur ai souvent demandé
pourquoi elles mangeaient « bio », ou encore de m’expliquer ce qu’est
le « bio ». A la première question "pourquoi", une réponse
souvent produite est : "parce que c’est meilleur à la santé" ; à la
seconde question la réponse classique est : "se sont des produits
respectueux de l’environnement". Enfin en creusant un peu, on arrive souvent sur
un terrain politique, avec une idée de lutte pour la liberté individuelle, de
protection du monde rural contre les grands groupes agroalimentaires.
Exemple : le groupe Monsanto, que
je ne porte vraiment, mais vraiment pas dans mon cœur, mais qui pourrait en
France faire office de nouveau BenLadden, entendez par là une figure du mal
absolu.
Résumons nous, il y a au moins 3 motivations à la consommation Bio :
la santé (motivation individuelle), l’environnement (motivation écologiste
altruiste), la défense d’une idéologie à priori humaniste (motivation
politique).
3 bonnes raisons… ou pas !
Le problème du bio, c’est justement qu’il mélange totalement ces
motivations dans un seul et unique but : vendre plus. En entretenant la
confusion vous obtenez une plus large cible de clientèle : du
pseudo-activiste politique un peu « bobo », à la mère de famille hypochondriaque,
je caricature bien évidemment. La multiplication des labels n’étant pas là pour
clarifier les choses, de Ecocert, à AB, en passant par le label européen, il y
en a plus de 70 sur le marché, recouvrant des cahiers des charges tous
différents ! Bref si j’achète bio, laquelle des trois causes citées
ci-dessus vais-je réellement servir ?- La santé : Je ne suis pas spécialiste, mais apparemment le nombre d’études effectuées ne permet pas de dégager un effet significatif. Les études sont cependant complexes à mener, surtout sur le long terme, d’autant que manger bio est souvent corrélé à un meilleur équilibre alimentaire à mon avis (plus de fruits et légumes par exemple). Pas d'argument irréfutable sur ce point donc. Je laisse volontairement la question du goût de coté car ça n'est ni l'objectif premier, ni une exclusivité du bio …
-L’idéologie politique : Mis à part les aides de certains gouvernements,
je n’ai pas souvenir que les agriculteurs bio touchent de meilleurs revenus
pour leur travail. Le prix du bio (25% à 70% plus cher), n’est en tout cas pas répercuté
sur le salaire du producteur, mais sert plutôt à compenser les productivités
qui sont souvent plus faibles. Pour reverser plus aux producteurs, mieux vaut
privilégier la distribution directe ou le label "commerce équitable"
(qui est plus lisible dans sa démarche). Pour
continuer sur cette argumentation, précisons que le « bio » est avant
tout un business, et que s’il a envahi les rayonnages des supermarchés si vite,
c’est avant tout parce qu’il génère du blé… de l’oseille… (Pardonnez le jeu de
mot). Le « bio » n’est pas une association à but non lucratif comme
semblent le penser certains, mais un pur produit du capitalisme, une marque,
dont le but est de vendre toujours plus… Il faut donc oublier à mon avis
l’image d’Epinal du producteur bio, icône du monde rural si chère aux français.
Le monde rural est à mon avis tout aussi bien défendu par des agriculteurs
non-bio !
-La préservation de l’environnement : Alors là, je réponds à priori
par l’affirmative, puisque c’est la démarche de départ dans l’agriculture dite
biologique : limiter les intrants (engrais, pesticides, etc.) dont les
effets sur l’environnement sont énormes (eutrophisation etc.). Je m’interroge
tout de même lorsque je vois les produits bio dans des emballages plus abondants
que les produits conventionnels (Exemple dans mon supermarché: 2
avocats bio: barquette en carton recyclé + film plastique imprimé en
couleur -vs- rien pour les avocats conventionnels). Je m’interroge également
lorsque je vois les amateurs de bio consommer des produits typiques de régions éloignées
du monde, qui n’auraient jamais été importés en si grande quantité il y a
quelques années (ex : le quinoa, graine importée d’Amérique du sud, et le
plus souvent étiqueté bio : son cours à doublé depuis 2006, limitant sa
consommation locale, et favorisant une monoculture peu diversifiée).
Les effets pervers du bio.
Bref, vous l’avez compris, je ne suis pas convaincu. Mais ces derniers
temps j’en viendrais presque à militer contre le bio, en réfléchissant et en
comprenant les effets pervers qu’il peut avoir, sans que les consommateurs en
soit conscients.
- Un retour de l’irrationnel : Le « bio » véhicule l’idée d’une nature bienveillante, favorable à l’Homme, voir en « connexion spirituelle » avec lui. Cette vision se construit en rejet des aspects techniques et scientifiques, considérés quelque part comme l’origine du mal, alors que c’est peut-être là qu’est la solution.
- Excès du principe de précaution : se méfier de tout est-il bon à la santé ?? Probablement pas, le stress et la peur de la maladie gâchent parfois la vie de certaines personnes, à tel point que l’on peut se demander si cet état de méfiance perpétuel face à la nourriture n’est pas nuisible en lui-même. Et quand ces craintes sont utilisées comme argument commercial, on ne peut que s’insurger.
- Nourrir l’humanité ? Question tabou à priori chez les « biovores », bien conscients d’être des privilégiés le plus souvent. Mais est-ce moral de diminuer la production mondiale pour manger du bœuf bio, nourrit avec du blé bio, au risque d’affamer une partie du monde ?
- Reine des abeilles, et ouvrières : les castes alimentaires chez l’Homme ? Manger « bio », c’est accepter l’existence d’une nourriture « non-bio », et si le bio prouve ses effets positifs sur la santé, cela revient à dire que l’alimentation conventionnelle est mauvaise pour la santé. Avec le développement du bio, les critères de qualité du non-bio vont probablement régresser puisque ces deux modes de consommation ne sont pas en réelle concurrence l’un avec l’autre : "Puisqu’il existe une nourriture réputée saine, on peut se permettre de diminuer la qualité de la nourriture réputée mauvaise". On créé alors une alimentation à deux vitesses, reflet d’un rang social, voir d’une caste. Est-ce moralement acceptable ? A tous les privilégiés qui mangent bio, souscrivez-vous à cela ? De fait, en mangeant bio, c’est bel et bien le cas.
Pour conclure, je ne nie pas l'intérêt qu'il y a à ce préoccuper de notre
alimentation, je ne nie pas non plus, que certains acteurs de la filière bio
sont sincères dans leur démarche, mais à mon avis cette solution n'est pas la
bonne. En l'absence d'alternative evidente, je comprends que l'on puisse se tourner vers
le bio même si ce n'est pas mon cas, et je ne peux qu'inviter chacun à
réfléchir, à innover.
Avec un marché de 3,3 milliards d’euros par an en France, le
« bio » est un produit du capitalisme caché derrière le masque de la
moralité et de l’écologisme. S’il peut avoir des effets bénéfiques pour
l’environnement, peut-être faut-il examiner si ces bénéfices ne sont pas
compensés par des effets pervers pour nos sociétés bien plus importants? Le
débat est ouvert…
Quelques coupures de presse pour nourrir le débat:
Sur les bénéfices du bio pour la santé : le figaro.fr
Sur le quinoa: libération.fr
Sur le coût du bio: la dépêche.fr
Et je termine par une illustration de l'excellent Martin Vidberg, dont je vous invite à suivre le blog: l'actu en patates : http://vidberg.blog.lemonde.fr/


20 commentaires:
Bof, pas convainquant et pas très documenté comme billet. On sait que les parcelles bios sont en moyennes plus diversifiées et plus productives (au sens écosystèmique) , ce qui devrait mettre une abrupte fin au débat.
Quand a ne pas mentionner que l'alternative au bio, c'est des produits qui eux sont définitivement mal produits, et qui ont un coût environnemental réel, c'est passer à côté d'un truc important…
Malheureusement sur ce débat il existe tous les avis, il ne faut, peut être, pas être borné cependant il ne faut pas être naïf non plus.
Je ne crois pas non plus au bio, mais plutôt car aujourd'hui il est impossible de faire du bio sur un terre non polluée, toutes les terres sont infectées par diverses pesticides, engrais...
Il est clair que les actionnaires profitent énormément de la mode de l'écologisme pour introduire le bio dans les foyer, cependant manger bio ou même écolo est un paradoxe en soit, si on prend l'exemple du saumon: il est "préférable" de manger du saumon du Pacifique nord mais pour arriver en France il aura fait un bout de chemin on va donc prendre celui de l'atlantique mais celui-ci est en voit d'extinction... Il y a là aussi qu'un intérêt a se remplir les poches.
Ola, que je n'aime pas ce billet. Je trouve la question de départ légitime mais il y a plusieurs points qui me dérangent beaucoup :
- "Mais est-ce moral de diminuer la production mondiale pour manger du bœuf bio, nourrit avec du blé bio, au risque d’affamer une partie du monde ?" Il me semblait que le commerce "Monsanto" faisait plus de mal à l'écosystème que l'agriculture bio !
- "Cela revient à dire que l’alimentation conventionnelle est mauvaise pour la santé". Conventionnelle depuis quand ? Quelques années ?
- "Une alimentation à deux vitesses, reflet d’un rang social, voir d’une caste. Est-ce moralement acceptable ? A tous les privilégiés qui mangent bio, souscrivez-vous à cela ?" Je comprends pas. Que faites-vous des gens "pauvres" qui mangent bio. Oui oui ils existent. Un temps partiel + un complément RSA pour un couple + 1 enfant (pas beaucoup d'argent donc) et je mange quasiment tout bio. Et cela voudrait dire qu'il faudrait miser sur l'alimentation de moins bonne qualité. Et pourquoi pas viser vers le haut au lieu de niveler par le bas ??
Bref. Il y en a d'autres des points qui me dérangent (effets sur la santé...), mais mon levain (avec farine bio) m'attend !
Pour commencer je vais coonfesser qu'il m'arrive de consommer bio (donc si l'article semble radical, les choses ne sont pas forcément si clair dans les faits)
@ Timothée
Je ne pense que l'on puisse convaincre en un article une personne de changer ses convictions profondes et personnelles (c'est un peu comme tenter de convaincre un membre de l'UMP de voter à gauche ou l'inverse).
Quand à la documentation, je te l'accorde, c'est maigre, mais c'est un article d'opinion comme précisé ci-dessus, et si tu veux apporter de la ressource, n'hésite pas.
Le bénéfice écologique/envrionnemental d'une production bio est sa plus grande force et quasi-incontestable à mons avis (même si l'on peut mal consommer du bio). Mais je persiste à dire que l'on peut faire du bio "mal", avec mon exemple du quinoa, qui est devenu une monculture bio au chili, car les certifications bio n'ont prévu une gestion par parcelle et non à l'echelle du territoire... Si vous avez bien lu mon article, mon thème de débat ne portant pas que sur des considérations scientifiques/écologiques mais aussi sociales et politiques, je doute qu'il se termine abruptement.
Tout ça pour dire qu'aucun label n'est optimal. La labellisation est je persiste à le dire, un argument de vente visant a se démarquer du conventionnel. Ne peut-on produire/consommer mieux sans labels, utilisés comme des marques ?
Enfin ce n'est pas parce que l'aternative "non-bio" est mauvaise qu'il faut absolument consommer bio. Entre deux maux, est-on obligé de choisir le moindre ? Personnellement je n'ai pas voté chirac pour contrer le Pen. C'est à nous consommateurs de ne pas accepter une situation médiocre où aucune alternative n'est bonne. Donc je refuse le bio, et je refuse le non-bio (vive le potager^^)
@ Anonyme
On doit pouvoir trouver une parcelle de terre indemne de contamination, en défrichant une parcelle de forêt primaire amazonienne. Et on pourrait vendre ça chère !?? Alors associés ?
@ Cytronne
Je persiste à dire que je suis contre Monsanto, dois-je pour autant obligatoirement consommer bio ? Ne peut-on pas faire mieux ??? Consommer moins (de viande par exemple), ou de façon plus intelligente (légumes locaux et de saison) n'a-t-il pas plus d'effet positifs que le bio ?
Mon grand père était éleveur, il fut l'un des premiers à utiliser des engrais chimiques dans son village après la guerre, constatant les bénéfices en terme de productivité... On peut supposer qu'il ne mangeait déjà plus si bio, de même que mes parents avant moi, et pourtant l'esperance de vie n'a fait qu'augmenter. Production dite conventionelle aussi parce qu'elle est la plus répandue. Mais je suis malgré tout d'accord avec vous, la qualité des aliments produits à diminuée à priori ces dernières années. (ça reste mieux qu'au Moyen-âge ou qu'en corée du nord ou pourtant tout est bio...). Il faut donc faire quelque chose, mais pas du bio (ou alors pas comme ça).
Dernier point: Si vous revenus sont faibles, vous devriez encore plus protester contre le bio. Est-ce normal de vous obliger à payer plus cher, et notamment plus de marge aux distributeurs, pour que votre enfant mange correctement ? Non c'est inadmissible ! Et si vous vous faites cet effort car vous avez conscience de certains problèmes écologiques ou autres, pensez à tous ceux qui ne font pas cet effort. Manger bien, est un droit pour tous, et je refuse que mon supermarché me vende de la daube (pas la viande ^^) sous prétexte qu'il existe du bio plus cher si je veux.
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Voilà merci à tous pour vos commentaires, au final vous constatez que je vise la même chose que vous, une alimentation de qualité, bien produite, mais pour tous.
Ça éclairci les choses.
"On doit pouvoir trouver une parcelle de terre indemne de contamination, en défrichant une parcelle de forêt primaire amazonienne. Et on pourrait vendre ça chère !?? Alors associés ?" Désolée mais je suis de ceux qui veulent laisser à la Terre ce qui est à la Terre :), de même que je ne suis pas d'accord avec votre "retour de l'irrationnel", on est des animaux d'accord mais, en pesant tous mes mots, on a une conscience de nous-même et nous devrions avoir plus d'humilité quand à notre condition, mais c'est un autre sujet.
Cependant je suis d'accord pour le prix du bio, c'est une des raison qui fait que je n'achète pas bio.
Bonjour,
grand sujet et en effet je ne suis pas certain que le bio soit si rose que cela, en tous cas bien des choses se cachent derrière ce terme, bonnes et moins bonnes.
Simplement à propos de l'alimentation, oui aucunes études démontrent clairement les avantages du bio, MAIS quel est l’intérêt nutritionnel (sans même parlé d'un point de vue sanitaire) de manger des pesticides et autres produits chimiques en plus, quand on peut manger un aliment sans ces additifs.
Par exemple, plusieurs analyses montrent qu'au cours d'une journée nos enfants ou les adultes consomment entre 40 et 80 substances chimiques => quel est le bénéfice nutritionnel, moi je n'y vois que des dangers potentiels ou avérés.
Je ne dis pas que c'est la solution absolue, on y trouve d'ailleurs des abbérations et non-sens, mais cela à le mérite d’être une réaction/réponse à certains excès. Cela a montré la voie de la différence, et d'ailleurs maintenant d'autres projets/possibilités apparaissent et existent (je pense notamment à des filières autonomes de fabrication de pain comme d'antan : filière courte et locales de céréaliers/meuniers/boulangers indépendants qui se rémunèrent entre eux sans utiliser les courts du blés et qui font un pain excellent pour le meme prix que l'industriel MAIS sans produit chimique, au levain et avec une conservation d'une semaine).
Ppersonnellement j'ai apprécié retrouver mes doutes dans ce billet. Au plaisir de vous lire.
Quelques commentaires pertinents sur ce billet, postés sur d'autre sites:
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Un article pertinent et délicieusement caustique sur le bio, qui met des mots justes sur bien des impressions, réfute bien des idées toutes faites, tout en pointant la nécessité évidente d'une alternative à notre système actuel à la fois de consommation, de nutrition et de prise en compte de l'environnement... Bref, un article qui fait mouche à l'opposition à la fois hâtive et réductrice : Bio / Pesticides, et qui donne à réfléchir...
Pascale C.
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Bonjour,
grand sujet et en effet je ne suis pas certain que le bio soit si rose que cela, en tous cas bien des choses se cachent derrière ce terme, bonnes et moins bonnes.
Simplement à propos de l'alimentation, oui aucunes études démontrent clairement les avantages du bio, MAIS quel est l’intérêt nutritionnel (sans même parlé d'un point de vue sanitaire) de manger des pesticides et autres produits chimiques en plus, quand on peut manger un aliment sans ces additifs. Par exemple, plusieurs analyses montrent qu'au cours d'une journée nos enfants ou les adultes consomment entre 40 et 80 substances chimiques => quel est le bénéfice nutritionnel, moi je n'y vois que des dangers potentiels ou avérés. Je ne dis pas que c'est la solution absolue, on y trouve d'ailleurs des abbérations et non-sens, mais cela à le mérite d’être une réaction/réponse à certains excès. Cela a montré la voie de la différence, et d'ailleurs maintenant d'autres projets/possibilités apparaissent et existent (je pense notamment à des filières autonomes de fabrication de pain comme d'antan : filière courte et locales de céréaliers/meuniers/boulangers indépendants qui se rémunèrent entre eux sans utiliser les courts du blés et qui font un pain excellent pour le meme prix que l'industriel MAIS sans produit chimique, au levain et avec une conservation d'une semaine).
Par tibonz
Suite:
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Bonjour,
Bonne analyse sur une facette du bio, vous avez uniquement basé votre "étude" sur le bio industriel : Citation "(Exemple dans mon supermarché: 2 avocats bio: barquette en carton recyclé + film plastique imprimé en couleur -vs- rien pour les avocats conventionnels)"
Vous avez raison de dénoncer et de boycotter ces produits. Les supermarchés considèrent l'alimentation "Bio" comme une niche où ils peuvent faire de grosses marges. Les haricots d’Égypte, les tomates d’Israël, le miel de Chine, les céréales d'Ukraine labellisés coûtent très peu cher l'achat, la main d’œuvre étant peu chère dans ces pays. Eh bien, sur il est aberrant d'aller chercher aussi loin des produits aussi basiques.
Pour avoir une vision plus large de ce qu'est l'agriculture biologique, je vous invite à consulter ces sites : http://www.natureetprogres.org/ http://www.terredeliens.org ou encore un projet novateur (parmi d'autres) : http://aupetitcolibri.free.fr/NOTREPROJET/SyntheseFerme.html
L'idée du bio est de ménager les ressources (renseignez-vous sur les conséquences de l'agriculture intensive sur les sols et l'eau dans la Beauce par exemple (cf L. et C. Bourguignon), on économise sur les intrants, ce qui entraîne une moindre dépendance au pétrole. Et pour ce qui est de nourrir le monde, l'idée reçue que l'agriculture intensive pourra y répondre sans prendre en compte la raréfaction des matières premières et en baladant les produits de bases à travers le monde, elle est balayée par l'ONU (entre autres) : http://www.srfood.org/index.php/fr/component/content/article/1-latest-news/1174-report-agroecology-and-the-right-to-food.
Le consommateur doit pouvoir s'y retrouver sur la plan qualitatif mais aussi sur le plan économique. Tout existe pour faciliter cette consommation (filières courtes, AMAP, paniers, ventes directes, vente en vrac ...) mais bien sûr cela demande de changer des habitudes et de moins fréquenter les rayonnages des supermarchés traditionnels ...
Par Seb
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Merci pour cet article fort bien documenté. D'après moi les grands consommateurs de produits bio et équitables ont une forte volonté d'agir pour l'environnement. Même si cela induit des incohérences scientifiques indéniables, on ne peux pas les blâmer. Il est vrai qu'il serait plus judicieux (plus facile et moins cher) de manger des produits locaux, cultivés avec un minimum d'engrais et de pesticides. Le juste milieux est vraiment difficile à trouver... Mais c'est tellement plus sympathique de rencontrer les producteurs, vive les marchés du dimanche matin !
Par charliebuz
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+ 10 autres commentaires à lire sur Knowtex:
http://www.knowtex.com/posts/pourquoi-je-ne-mange-pas-bio_21979/comments/#comm4853
Nom de Zeus ! Cet article est ma première déception du blog !
Le bio..
Avez vous vu le film-reportage de Marie Monique Robin "Notre poison quotidien" ?
On peut aussi s'amuser à taper "Danger Pesticides" sur la toile..
Le bio a des défauts c'est certain, comme tout ce qui est destiné à la vente (fric = dieu). Mais est-ce que c'est pire que la merde des super marchés etc.. ?
On inonde les sols de pesticides/herbicides.. dont on sait qu'ils contaminent tout. On appauvrit les sols avec l'agriculture intensive de masse, on appauvrit la diversité génétique des plantes en en sélectionnant des espèces standards (mais on s'en fiche n'est-ce pas, les OGM sont la pour ça)
C'est ce que reprend souvent votre article.
Tout n'est peut être pas "vert" chez le bio, mais à choisir entre une alimentation bourrée de pesticides, et de tous les défauts énumérés dans l'article à la puissance 10, et une autre qui ne peut pas être pire, je choisis tant qu'à faire "la plus" respectueuse.
Ce n'est pas à la portée de tout le monde (temps, lieu) mais il existe tellement pleins d'alternatives on trouve des AMAP avec des produits bio, cultivés par des agriculteurs du coin etc... ou encore les marchés bio, avec des agriculteurs qui utilisent la permaculture etc.. etc.. etc..
On peut critiquer le bio, mais aller jusqu'à décider de "ne pas manger bio" et de le diaboliser avec des défauts qu'on retrouve en PIRE pour le "non-bio"... la je ne comprends plus.. Surtout quand on connait la merde que propose les grandes surface autour, faut pas pousser..
Un bon article même si je diverge quelque peu sur le fond ;-). Pas mal de points qui soulèvent des questions intéressantes, malgré quelques sophismes..
Cordialement
En fait il y a des liens entre l'aspect politique et l'aspect environnemental ( et peut-être aussi l'aspect "santé", même si c'est plus discutable), puisque le mouvement "bio" a pour origine l'écologie politique, née dans les années 60/70, qui critique l'économie capitaliste sur de nombreux aspects, y compris sur l'aspect environnemental (après tout, si on utilise des engrais chimiques, c'est pour augmenter la productivité - le lien avec l'économie est assez évident). Lire par exemple André Gorz pour avoir une bonne idée des idées de ce mouvement. La cohérence se situe donc là à mon avis, pas dans une volonté de vendre plus en mélangeant tout (même s'il n'est pas impossible que ce soit récupéré commercialement).
Après critiquer le "bio" qu'on voit dans les supermarchés, avec des produits d'import transitant en cargo polluant, venant de pays dans lesquels on peut douter du respect des normes, avec des emballages à outrance et sans la mention commerce équitable est une chose. Il est clair qu'aujourd'hui le mouvement "bio" a été largement récupéré par l'industrie. Critiquer le mouvement de l'écologie politique en lui même et les agriculteurs qui y participent par conviction en est une autre. Le mieux à faire pour qui adhère à tout ou partie de ces idées politiques est sans doute d'acheter ses aliments auprès de producteurs locaux (le retour à l'économie locale étant un élément de l'écologie politique) plutôt que d'acheter bio en supermarché.
Quelques mots en réponse, en suivant le plan adopté par l'auteur.
Oui, je suis consommateur bio, et oui, mon avis est en partie subjectif et orienté.
Et accessoirement, j'ai quelques connaissances en agriculture qui me pemettent d'étayer mon point de vue.
- la santé : difficile d'avoir un avis tranché en effet. Les études sont rares, et souvent orientées.
Mais personnellement, entre un produit dont je sais qu'il contient des pesticides en quantité non négligeable (même si non immédiatement toxiques), et un autre dont j'ai la quasi-certitude qu'il en contient peu ou pas du tout, je n'hésite pas.
Mais pour chaque produit, la question appelle des réponses différentes, et cela varie aussi suivant la zone de production, la saison, et même la ferme de provenance.
Ainsi pour des néophytes en production alimentaire, soit la majorité des gens, l'étiquette Bio est un label qui permet de ne pas se poser de questions à tout moment.
Sur un point particulier cependant, voici une indication. Tous les possesseurs d'un composteur de jardin en ont entendu parler : quand vous l'achetez ou qu'on vous le met à disposition, on vous signale qu'il ne faut pas y jeter de peaux d'agrumes. On vous dit rarement pourquoi. En fait, elles contiennent (en non-bio bien sûr) tellement de pesticides qu'elles sont mortelles pour les micro-organismes de votre composteur. On voit bien que ces peaux sont totalement impropres à la consommation. Pensez-y la prochaine fois que vous mettrez des zestes d'agrumes dans une préparation culinaire.
- le revenu des producteurs : totalement d'accord sur la nécessité de raccourcir les filières.
Mais tous les producteurs n'y sont pas prêts, et tous les consommateurs non plus. Les solutions mixtes, vente directe & vente aux GMS (grandes et moyennes surfaces), sont souvent la bonne solution.
Il faut aussi comparer des situations comparables : la taille moyenne des exploitations bio est inférieure à celle des autres. Comparer un maraîcher bio sur deux hectares et un céréalier du bassin parisien sur 500 ha n'est pas du tout pertinent (d'autant plus que le second touche chaque année un joli pactole européen, payé par nos impôts, et qui permettrait à lui seul de faire vivre plusieurs personnes).
- les emballages des fruits et légumes bio : ce n'est pas une coquetterie et ils n'existent qu'en GMS, et pour une seule raison, la garantie de traçabilité. S'il n'y a pas d'emballages, rien ne garantit que des FL non bios ne se retrouvent pas (volontairement ou pas) dans des cageots bios.
Je le déplore, et c'est une des raisons pour laquelle j'achète presque tous mes fruits et légumes bios en magasin spécialisé ou sur les marchés.
En produits manufacturés par contre (biscuits par exemples), les fabriquants font pour la plupart d'énormes efforts sur la quantité & la recyclabilité des emballages. Normal, les consommateurs sont attentifs à ce point.
Sur la provenance des produits, je vous invite à mettre les pieds dans un magasin bio. Vous y verrez une douzaine d'ananas et de manques, mais des cageots de pommes, oranges, raisins produits pour la plupart en Europe.
- le quinoa : je ne connaissais pas cet exemple, mais j'y apporte a priori deux atténuations :
* un prix agricole qui augmente, c'est plutôt une bonne nouvelle pour le producteur,
* les quelques dizaines ou même centaines de grammes que consomment chaque année un consommateur bio sont une poussière à côté des kilogrammes de soja nécessaires à la production de chaque kilogramme de viande européenne (en non bio). Ce soja est majoritairement produit aux États-Unis ou au Brésil, où il est une des motivations de la déforestation amazonienne.
Sur "les effets pervers du bio"
Il y en a évidemment, et les consommateurs y sont souvent très attentifs.
Mais je ne sais pas si c'est bien honnête les pointer pour mieux fermer les yeux sur les effets pervers de l'agriculture conventionnelle.
1. Un retour de l’irrationnel
Il n'a jamais disparu chez la plupart des gens, bio ou pas.
Je consomme bio, et pourtant je suis parfaitement conscient que la nature que nous connaissons est façonnée et civilisée par l'homme pour la rendre plus accueillante.
2. Excès du principe de précaution qui rendrait malade
Pure conjecture.
Non justement, en faisant le choix du bio, je ne tremble pas à chaque fois que j'entends que tel lot de tel produit a été rappelé.
S'insurger car un plus grand niveau de sécurité est un argument commercial ? Euh, comment dire...
Les marchands chercheraient à vendre ? Sans blague. Personnellement, je ne pars jamais travailler sans avoir à l'esprit ce que je vais toucher.
3. La bio serait un obstacle à l'alimentation de l'humanité ?
La FAO elle-même a reconnu il y a peu de temps que la bio avait un rôle important à jouer justement, avant d'ajuster le tir après des protestations. Chacun se fera son opinion.
Le bœuf bio qui mange du blé bio ? Oui, et non.
Pour faire de la viande de bœuf, vous avez deux façons (en schématisant un peu) :
- l'une intensive, essentiellement à base de rations concentrées (on parle de concentré), composée de céréales diverses (généralement non panifiables), de pulpe de betterave, de mélasse, de tourteaux de soja, de colza & de tournesol. Depuis qu'on a arrêté de leur donner de la viande (rappelez-vous le scandale des farines animales), la principale source de protéines est le tourteau de soja (cf plus haut). Ce tourteau n'existe et n'existera pas en bio, essentiellement en raison de la part importante du soja OGM.
- d'autres façons plus ou moins extensives, en bio ou pas, dans lesquels plus de 50% de la ration fourragère est assurée par des fourrages (foin ou paille), point obligatoire en bio. Les céréales sont présentes, mais en bio la part protéique est assurée par de la luzerne, du pois ou graines proches, souvent produits localement.
J'attends qu'on me démontre que les prairies rentrent en compétition avec l'alimentation humaine.
4. Le bio, c'est élitiste et cela pousserait à l'existence d'une alimentation à deux vitesses.
Cet argument ne résiste pas du tout à l'analyse.
Les riches n'ont jamais accepté de manger comme des pauvres par souci de ne pas être élitiste, ce serait justement là que résiderait la position idéologique.
La bio tire l'ensemble de l'agriculture vers le haut.
Si les agriculteurs conventionnels ont fait des efforts, au moins en termes d'image, c'est en partie parce qu'ils ont vu l'agriculture biologique progresser.
Localement, les agriculteurs bio ou non échangent entre eux, ils comparent leurs niveaux de réussite, ce qui conduit des conventionnels à se convertir au bio, mais beaucoup plus rarement les bios à faire la démarche contraire.
Merci pour ces derniers commentaires très intéressants et pertinents.
Avec du recul je reconnais que beaucoup d'arguments ne tiennent pas, et je trouve que beaucoup des réponses d'Arnaud sont judicieusement formulées.
Bref, c'est un article d'opinion qui n'exprime donc pas une vérité absolue tel qu'un scientifique pourrait l'entendre. A chacun de trouver de cette discussion son idée sur le bio.
Le bio c'est pas La solution pour lutter contre les pollutions et les maladies et certainement pas pour lutter contre la faim dans le monde (25 000 personnes meurent de faim chaque jour selon la FAO).
Comme le montre se graphique :( http://www.viande.info/fichiers/visuels/schemas/effet-de-serre/effet-de-serre-fonction-alimentation-800x600.png ) on a bien plus intérêt a diminuer la consommation de produits d'origine animale plutôt que de manger bio. Il faut produire environ 10 protéines végétales pour produire une protéine animale, alors si ont veux nourrie tout le monde il faudrait sérieusement penser a "végétaliser" nos assiettes non ?
Je vous recommande de voir le documentaire "Devour the Earth (La Terre dévorée)" ( http://www.youtube.com/watch?v=0gnmGRIrNQE ) sur les conséquences environnementales de la consommation de viande/lait/œuf.
Je pense que si on veux avoir un mode de vie éthique le minimum c'est de devenir vegan, pour nourrie tout le monde avec du bio, pour que plus personnes ne meurt de faim, pour lutter contre la destruction de l’environnement, pour être en meilleur santé, pour ne pas participer aux massacre d'animaux élevés/chassés/capturés, torturés et tués pour l'alimentation, l’habillement (cuire, fourrure..), l’expérimentation animale, les loisirs (cirque, zoo, corrida..).
Pour combattre le spécisme (l'exploitation animale), le racisme, le sexisme et le capitalisme.
Pour la libération animale et l’émancipation humaine.
Article intéressant :
http://www.agirpourlenvironnement.org/communiques-presse/prix-surcout-des-produits-bio-en-supermarche-une-etude-biaisee-3301
Bonjour,
Qq précision sur ce billet sur lequel je suis tombée par hasard :
Côté label :
Il n'y a qu'un label bio : l'Eurofeuille (petite feuille verte claire à 12 étoiles) et ce depuis le 1er juillet 2010. Le logo AB est encore toléré jusqu'en juillet 2012 pour habituer le consommateur à ce changement de logo. Pourquoi le logo AB va-t-il disparaître ? Tout simplement parce que depuis le 1er janvier 2009, l'agriculture bio est définit par un cahier des charges Européen, et non plus national.
Ecocert, c'est l'un des 8 organismes certificateur (avec Qualité France pour ne citer que les 2 plus connus), qui contrôle, sur les fermes, chez les distributeurs et transformateurs le bon respect du cahier des charges. C'est également lui qui délivre le certificat bio.
L'agriculture bio fait partie des 3 signes officiels de qualité aux côtés du Label Rouge et de l'AOC.
Demeter est une marque privée, servant à repérer les aliments issus de l'agriculture biodynamique.
Biocohérence est une marque privée, crééé entre autre par la FNAB, servant à repérer les aliments qui respectent un cahier des charges basé sur l'ancien cahier des charges français (REPAB F) qui était plus stricte que le cahier des charges européen.
Concernant les embalages individuels en grandes surfaces :
Ils sont utilisés pour ne pas confondre produits bio et non bio, mais également parce que vendre du vrac nécessite une certification (couteuse) du distributeur, alors que vendre des produits emballés n'en nécessite pas.
L'agriculture bio ne rejette pas du tout la technique : elle est même beaucoup plus technique puisqu'il n'existe pas les solutions de rattrapage permises par la chimie : tout est dans la prévention. Et ce n'est pas un rejet scientifique, juste un retour à l'agronomie, base de l'agriculture que la chimie nous a fait un peu oublier.
Il est possible de nourrir le monde avec du bio. Mais cela implique un changement drastique de notre mode de consommation. Il faut 7 kg de protéines végétales pour produire 1 kg de protéines animales... Diminuons notre consommation de viande, gaspillons moins, et ça passera !
Agriculture bio = agriculture à 2 vitesses. Je ne pense pas. Remplacer les plats cuisinés courants par les mêmes en bio coûte très cher. Cuisiner avec des produits de base, avec moins de produits carnés, permet aux petits budgets de manger bio.
Les effets pervers du bio ? Nous payons, via nos factures d'eau, via nos impôts, les conséquences d'une agriculture intensive, qui a eu sa place dans les années 50. Aujourd'hui, des captages d'eau potables sont impropres à la consommation et nécessite d'avantage de traitements avant consommation, ou un mélange avec des eaux moins polluées (je parle de nitrates, les phytosanitaires étant peu pris en compte). Les algues vertes en Bretagne avalent des Millions d'Euros chaque année depuis plus de 10 ans... Cette agriculture non bio ne répercute pas ces coûts dérivés à l'achat : le consommateur ne le voit donc pas. Le consommateur de produits bio ne cautionne pas l'agiculture conventionnelle. Il ne contribue pas (ou quasi pas) à la pollution de l'eau. Pourtant il en paye le prix via ses factures et impôts. Il paye doublement le prix fort. Il est là l'effet pervers de la bio.
Je m'appelle Anne-Marie PHILAIRE et je suis conseillère LeBioNaturel.Je vous propose tout simplement de visiter ma boutique de produits bio en ligne car je suis sûr que vous y trouverez votre bonheur !
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Anne-Marie PHILAIRE
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